Appel à communication colloque 2019 : voir plus bas / Scroll down for call for papers for 2019 Congress

COLLOQUE INTERNATIONAL / CONGRÈS DE L’ASSOCIATION FRANÇAISE D’ÉTUDES CANADIENNES 2018

Université d’Avignon, 13-15 juin 2018

Les migrations au départ du et vers le Canada : dynamiques spatiales et identitaires entre continuité et rupture

Voir site du colloque : https://afec2018.sciencesconf.org/

Les mouvements de population constituent un aspect essentiel de l’histoire de l’Amérique du Nord et du Canada en particulier. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les personnes nées à l’étranger représentent aujourd’hui environ 20 % de la population canadienne. Les migrations internationales (au départ du et vers le Canada) et interprovinciales témoignent d’une dynamique spatiale qui a profondément marqué et qui continue à façonner l’image de ce pays. Qu’ils soient saisonniers, temporaires ou permanents, imposés ou choisis, anciens ou récents, les mouvements migratoires suscitent l’intérêt des chercheurs en sciences humaines et sociales, ce dont témoignent les nombreuses études parues ou en cours qui abordent ce phénonème sous un angle historique, géographique, politique, économique, social, littéraire ou linguistique.

Ce colloque propose d’orienter les réflexions sur les formes de continuité et de rupture induites par les mouvements migratoires autour de quatre axes complémentaires.

1) Expérience migratoire et création artistique

Alors que les migrations constituent un champ d’investigation très riche, on constate que peu de chercheurs se sont intéressés jusqu’à présent aux représentations de l’expérience migratoire à travers l’expression artistique. En effet, le cinéma, le théâtre, la littérature, la musique et la peinture représentent des entrées privilégiées pour étudier l’impact culturel des dynamiques migratoires. Ce colloque encouragera la réflexion sur la façon dont l’expérience migratoire est exposée et analysée dans différentes formes d’expression artistique. Nous tenterons également d’éclaircir les répercussions de la mobilité des individus dans le contexte de la mondialisation sur la remise en question des codes esthétiques. L’expérience des dé- et enracinements successifs et du cosmopolitisme donne-t-elle lieu à des esthétiques spécifiques, provoquant une rupture avec des traditions de création artistique ?

2) Les migrations comme moteur de la restructuration/transformation sociale, économique et politique

Les migrations ont toujours joué un rôle important dans le développement économique, politique et social des sociétés d’arrivée. Qu’il s’agisse des migrations permanentes ou des déplacements saisonniers associés aux activités commerciales, les mouvements de population représentent un enjeu économique et politique considérable. Les politiques d’immigration des années 1960 incarnent une transition historique entre ce que l’on peut appeler une conception à court terme et à long terme de l’immigration. À cette époque, les lois successives en matière d’immigration et de gestion des flux migratoires ont ouvert la voie à d’importants changements, en éliminant l’origine nationale comme critère d’entrée et en facilitant le regroupement familial. Enfin, en juin 2002, l’adoption de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés a constitué un nouveau chapitre dans l’histoire de l’immigration au Canada. Cette loi vient restreindre l’admission de certaines catégories d’immigrants et modifie les exigences liées à l’emploi et aux qualifications dans un marché du travail en constante évolution. On pourra alors s’interroger sur l’impact de l’évolution des lois canadiennes en matière d’immigration sur la vie économique et culturelle, sur les politiques linguistiques et éducatives, ainsi que sur la place du Canada dans le monde.

3) Migrations et reconfigurations de l’espace

La dimension spatiale est au cœur de la définition des lieux de réalisation de la migration et de ses flux attenants. Elle permet ainsi d’observer la nature et la diversité des formes de migration. Il est admis que les programmes d’immigration n’ont pas eu le même impact dans toutes les provinces. À l’heure actuelle, l’immigration se répartit en grande majorité (94,8 %) dans les régions métropolitaines de quatre provinces : l’Ontario, la Colombie-Britannique, le Québec et l’Alberta. À ce propos, il serait intéressant de réfléchir aux répercussions des mouvements de populations sur la reconfiguration de l’espace urbain, notamment celui des métropoles comme Montréal, Toronto et Vancouver. On peut s’interroger également sur les conséquences des vagues migratoires sur l’appropriation progressive de l’espace, d’un côté dans les mouvements de la campagne à la ville, de l’autre dans les migrations rurales.

4) Dynamiques identitaires en contexte (post)migratoire

La globalisation et l’émergence d’espaces transnationaux contribuent, à l’heure actuelle, à la complexification progressive de l’expérience migratoire. Sur le plan identitaire, elle se manifeste dans la construction d’identités plurielles, hybrides. Afin de mieux comprendre les comportements migratoires et leur impact sur la (re)construction identitaire des individus, l’étude d’« ego-documents » (correspondances, mémoires autobiographiques, témoignages oraux, journaux intimes) permet de jeter un éclairage unique sur les relations interpersonnelles et les préoccupations des migrants ainsi que sur les expériences positives ou négatives liées à la vie en exil. Ces documents constituent un matériau particulièrement riche qui peut nous renseigner sur les motivations profondes, le rôle central que joue la famille dans le processus des migrations en chaîne, les phénomènes d’acculturation et d’assimilation (linguistique) ainsi que les représentations de la société d’arrivée. Nous nous intéresserons également aux (dis-)continuités culturelles et relationnelles avec l’espace social prémigatoire dans les diasporas et la restructuration des réseaux familiaux, religieux et intellectuels des migrants.

Références :

Chartier, Daniel (2002), « Les origines de l’écriture migrante. L’immigration littéraire au Québec au cours des deux derniers siècles », Voix et Images 272 : 303–316.

Frenette, Yves (2015), « Migrating in, Migrating out, Migrating within Canada : une approche microhistorique », in : Katja Sarkowski, Rainer-Olaf Schultze et Sabine Schwarze (dir.), Migration, Regionalization,  Citizenship: Comparing Canada and Europe. Wiesbaden : Springer, pp. 15–26.

Frenette, Yves, Martel, Marcel et Willis, John (dir.) (2006), Envoyer et recevoir. Lettres et correspondances dans les diasporas francophones. Québec : Presses de l’Université Laval.

Helly, Denise (1996), « Les politiques d’immigration au Canada de 1867 à nos jours », Hommes et migrations 1200 : 6–14.

Iacovetta, Franca, Draper, Paula et Ventresca, Robert (dir.) (1998), A Nation of Immigrants. Women, Workers and Communities in Canadian History, 1840s-1960s. Toronto : University of Toronto Press.

Linteau, Paul-André (2000), « Les migrants américains et franco-américains au Québec, 1791-1940 », Revue d’histoire de l’Amérique française 53(4) : 561–602.

Linteau, Paul-André, Frenette, Yves et Le Jeune, Françoise (2016), Transposer la France : L’immigration française au Canada (1870-1914). Montréal : Boréal.

Parant, Marc (2001), « Les politiques d’immigration au Canada : stratégies, enjeux et perspectives », Les études du CERI 80 : 1–36.

Pellerin, Hélène (2011), « De la migration à la mobilité : changement de paradigme dans la gestion migratoire. Le cas du Canada », Revue Européenne des Migrations Internationales 27 (2) : 57–75.

Poton, Didier, Symington, Micéala et Vidal, Laurent (2012), La migration européenne aux Amériques : Pour un dialogue entre histoire et littérature. Rennes : Presses universitaires de Rennes.

Roby, Yves (1987), « Les Canadiens français des États-Unis (1860-1900) : dévoyés ou missionnaires », Revue d’histoire de l’Amérique française 41(1) : 3–22.

Les propositions pourront être soumises de manière individuelle ou en panel (groupe de 4 propositions sur une thématique commune), en anglais ou en français.

Date limite de remise des propositions de communication (400 mots maximum) + brève notice biographique (100 mots maximum), de préférence au format Word : 31 octobre 2017.

Retour du comité scientifique : 30 novembre 2017.

Une sélection des articles issus du colloque sera publiée dans la revue Études Canadiennes / Canadian Studies.

CONTACT : Anika FALKERT, Maître de conférences en sciences du langage, Université d’Avignon (anika.falkert@univ-avignon.fr).

 

************************************************************************

 

COLLOQUE INTERNATIONAL / CONGRÈS DE L’ASSOCIATION FRANÇAISE D’ÉTUDES CANADIENNES 2019

12-14 juin 2019,  Bordeaux

« Grâce à elle(s) ? » : le rôle des femmes dans la construction du Canada

Avec la participation de Lori Saint-Martin, UQAM, Institut de Recherches et d’Études Féministes

Le CECIB (Centre d’Études Canadiennes Interuniversitaire de Bordeaux) accueillera le colloque annuel de l’AFEC à Bordeaux du 12 au 14 juin 2019 autour de la question des femmes et de leur rôle dans la construction du Canada.

« Concentrer l’aide internationale du Canada sur le renforcement du pouvoir des femmes et des filles est le moyen le plus efficace pour que notre aide ait le plus grand impact dans le monde. Le développement durable, la paix et une croissance au service de tous ne sont possibles que si les femmes et les filles sont respectées et pleinement actives au sein de leurs communautés » (Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie, 9 juin 2017). Alors que le Canada vient tout juste d’adopter « une politique d’aide internationale féministe » pour promouvoir l’égalité des sexes et contribuer au renforcement du pouvoir des femmes et des filles « pour réduire la pauvreté et bâtir un monde plus inclusif, plus pacifique et plus prospère », il est particulièrement opportun d’examiner les faits et les questions relatifs aux femmes et à la manière (sous-évaluée ?) dont elles ont contribué à la construction du Canada.

Empruntant au « Mois de l’histoire des femmes au Canada » son mot-clic #Grâce à elle (mis au pluriel et suivi d’un point d’interrogation pour privilégier la diversité des points de vue et encourager les questionnements) le colloque s’intéressera aux multiples facettes du rôle joué par les femmes elles-mêmes dans l’histoire passée, présente et future du Canada, l’évolution de la condition féminine au fil du temps ainsi que ce que les femmes et l’idée du féminin ont pu inspirer à l’imaginaire collectif et individuel. L’approche sera diachronique, traversant les âges pour explorer les territoires composant le Canada actuel, et transnationale, abordant les relations entre le Canada et les femmes de l’intérieur et de l’extérieur, quelle que soit la nationalité ou l’origine de ces dernières, pourvu qu’un lien soit établi avec ce que l’on nomme aujourd’hui Canada.

Les communications pourront porter sur la démographie, les migrations, le mariage, la vie de famille, l’éducation, le travail, la santé, le vieillissement, la spiritualité, la création artistique, le sport, les femmes autochtones, le féminisme militant ou les théories féministes au Canada. Les spécialistes en études féminines et études de genre sont les bienvenu.e.s, ainsi que les chercheur.e.s de toutes disciplines, en particulier histoire, sociologie, anthropologie, psychologie, santé, philosophie, religion, études culturelles, études environnementales, droit, économie, politique, arts et littérature.

Les propositions pourront être soumises de manière individuelle ou en panel (groupe de 4 interventions sur une thématique commune), en anglais ou en français.  Un résumé de 400 mots accompagné d’une notice biographique de 100 mots est à envoyer en fichier Word avant le 20 juin 2018 à : Marie-Lise Paoli, Équipe de Recherche Créativité et Imaginaire des Femmes (ERCIF), E.A. CLARE, Université Bordeaux Montaigne : Marie-Lise.Paoli@u-bordeaux-montaigne.fr