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 50ème CONGRÈS DE L’ASSOCIATION FRANÇAISE DES ÉTUDES CANADIENNES

Le Canada face aux logiques de l’économie extractive : perspectives esthétiques, politiques, juridiques, historiques, économiques et environnementales

Université de Strasbourg, 23-25 juin 2027

Appel à communications - date limite: 1er septembre 2026

AAC détaillé disponible ici

Dans son plan Une force de la nature / A Force of Nature (mars 2026), le Premier ministre canadien Mark Carney affirme vouloir concilier protection de l’environnement et développement de l’autonomie énergétique du pays. Présentée à la fois comme un impératif moral et économique, la conservation de la nature est cependant critiquée par plusieurs organisations environnementales, qui y voient une justification renouvelée de l’exploitation des ressources naturelles.

Cette question revêt une importance particulière dans le contexte canadien. Le Canada occupe une place centrale dans l’économie mondiale des ressources extractives : une grande partie des multinationales minières y sont établies et les entreprises canadiennes jouent un rôle majeur dans l’exploitation, le financement et la gestion de projets miniers à travers le monde. Les conséquences environnementales, sociales, économiques et géopolitiques de ces activités, ainsi que les défis qu’elles posent à l’heure de la crise écologique, justifient que l’Association française d’études canadiennes consacre son 50e congrès aux logiques de l’extraction.

Dans This Changes Everything (2014), Naomi Klein définit l’extractivisme comme un rapport au territoire fondé sur l’appropriation et l’exploitation intensive des ressources. Selon elle, ce modèle produit des « zones sacrifiées » dont la dégradation est acceptée au nom de la croissance économique. Au Canada, l’éloignement géographique de nombreux sites d’exploitation – dans l’Arctique, les sables bitumineux de l’Alberta ou les forêts boréales – contribue souvent à invisibiliser leurs impacts environnementaux et humains, notamment sur les communautés autochtones.

Ce congrès propose d’examiner les logiques extractives sous des perspectives variées afin de favoriser le dialogue entre les disciplines représentées au sein de l’AFEC. Il s’agira d’interroger la manière dont l’exploitation des ressources naturelles, de l’industrie forestière aux hydrocarbures, façonne les territoires, les modes de vie, les imaginaires et les débats publics au Canada contemporain.

Les arts, la littérature et les humanités environnementales offrent un terrain privilégié pour analyser les représentations de l’extraction et les tensions qu’elle suscite. Comment les œuvres rendent-elles visibles les coûts sociaux et écologiques de l’économie extractive ? Comment représentent-elles les paysages transformés, les mondes du travail qui soutiennent cette économie ou encore les alternatives qui lui sont opposées ?

Au-delà des questions de représentation, l’extractivisme soulève des enjeux historiques, politiques, juridiques et sociaux fondamentaux. Depuis la période coloniale, le développement économique du Canada repose largement sur l’exploitation et l’exportation de ressources naturelles. Aujourd’hui encore, l’industrie extractive demeure au cœur de l’économie nationale et des débats politiques. Alors que les gouvernements successifs ont cherché à concilier croissance économique et ambitions environnementales, les orientations récentes en faveur d’une augmentation de la production pétrolière et gazière témoignent des tensions persistantes entre transition écologique et dépendance aux ressources.

L’expansion des industries extractives est également liée à l’histoire coloniale du pays et aux processus d’appropriation des terres autochtones. Dans le sillage des travaux d’Imre Szeman, ce congrès invite enfin à réfléchir aux limites du cadre national pour appréhender les dynamiques extractives dans un contexte de mondialisation.

À ces pistes de réflexion pourront s’ajouter d’autres propositions émanant des différents champs disciplinaires des études canadiennes.

• Littérature canadienne contemporaine : analyse des œuvres littéraires qui mettent en scène l’exploitation forestière, minière ou pétrolière, et leurs impacts sociaux et environnementaux ; étude des imaginaires liés aux alternatives énergétiques.

• Arts visuels et représentation des paysages extractifs : étude des pratiques artistiques (photographie, peinture, installation) qui rendent visibles les transformations des territoires.

• Écocritique : approche critique des formes esthétiques mobilisées pour représenter les crises écologiques liées à l’économie extractive.

• Arts autochtones et résistances à l’extraction : analyse des productions artistiques des peuples autochtones face aux industries extractives et à leurs conséquences.

• Culture matérielle et matérialité de l’extraction : étude de la manière dont l’art et la littérature abordent la matérialité des ressources (minerais, bois, pétrole).

• Géographie culturelle et distance extraction/consommation : réflexion sur la séparation entre lieux d’extraction et lieux de consommation dans les représentations artistiques. Réflexion sur les pratiques de remédiation.

• Mémoire, archives et histoire de l’extractivisme : analyse des récits historiques et des archives artistiques liés à l’exploitation des ressources au Canada.

• Dimension juridique : évolution du droit encadrant l’exploitation des ressources naturelles au Canada (droits fonciers, droit environnemental, droits des peuples autochtones)

• « Artivisme » : examen des pratiques artistiques militantes qui dénoncent les effets sociaux, économiques et environnementaux de l’extraction ; rôle des arts dans les mobilisations citoyennes et les revendications de justice environnementale.

• Histoire économique du Canada : les enjeux de l'extractivisme dans le développement national ; la théorie des ressources de base ("staples") aujourd'hui.

• Politique canadienne et extractivisme ; les enjeux province-fédéral ; les relations avec les nations autochtones ; le positionnement de partis politiques ; l’impact électoral ; les relations avec les États-Unis ; relations internationales, sécurité nationale.

• Les nations autochtones face à l’extractivisme : entre défense des territoires traditionnels et promesse de développement.

Nous sollicitons des propositions de communication (300 mots maximum assortis d’une brève notice biographique) émanant des différentes disciplines représentées au sein de l’AFEC. Ces propositions devront être adressées par courriel pour le 1er septembre 2026 à Anne-Sophie Letessier (anne.sophie.letessier@univ-st-etienne.fr), Christine Lorre (christine.lorre@unicaen.fr) et Claire Omhovère (claire.omhovere@univ-montp3.fr).

Une sélection d’articles sera publiée à l’issue du congrès dans le volume 103 (décembre 2027) de la revue Études Canadiennes/ Canadian Studies (https://journals.openedition.org/eccs/).

 

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50th Annual Congress of the French Association for Canadian Studies

Canada and the logics of the extractive economy: aesthetic, political, legal, historical, economic, and environmental perspectives

Strasbourg University (France) - June 23 to 25, 2027

Call for paper - deadline: September 1, 2027

Full CFP available here

In his plan Une force de la nature / A Force of Nature (March 2026), Canadian Prime Minister Mark Carney states his intention to reconcile environmental protection with the development of the country’s energy independence. Presented as both a moral and economic imperative, nature conservation is, however, criticized by several environmental organizations, which see it as a renewed justification for the exploitation of natural resources.

This issue is of particular importance in the Canadian context. Canada plays a central role in the global extractive resources economy: a large number of multinational mining companies are based there, and Canadian firms play a major role in the operation, financing, and management of mining projects around the world.

In This Changes Everything (2014), Naomi Klein defines extractivism as a relationship to the land based on the appropriation and intensive exploitation of resources. According to her, this model creates “sacrificial zones” whose degradation is accepted in the name of economic growth. In Canada, the remote locations of many extraction sites—in the Arctic, the Alberta oil sands, or the boreal forests—often contribute to obscuring their environmental and human impacts, particularly on Indigenous communities.

This conference aims to examine extractive logics from various perspectives in order to foster dialogue among the disciplines represented within AFEC. The focus will be on exploring how the exploitation of natural resources—from the forestry industry to hydrocarbons—shapes territories, ways of life, imaginaries, and public debates in contemporary Canada.

The arts, literature, and environmental humanities offer a prime arena for analyzing representations of extraction and the tensions it provokes. How do works of art bring to light the social and ecological costs of the extractive economy? How do they depict transformed landscapes, the worlds of labor that sustain this economy, or the alternatives that oppose it?

Beyond issues of representation, extractivism raises fundamental historical, political, legal, and social issues. Since the colonial era, Canada’s economic development has relied heavily on the exploitation and export of natural resources. Even today, the extractive industry remains at the heart of the national economy and political debates. While successive governments have sought to reconcile economic growth with environmental goals, recent policies favoring increased oil and gas production reflect the persistent tensions between ecological transition and resource dependence.

The expansion of extractive industries is also linked to the country’s colonial history and the processes of appropriation of Indigenous lands. Building on the work of Imre Szeman, this conference invites participants to reflect on the limitations of the national framework for understanding extractive dynamics in the context of globalization.

In addition to these lines of inquiry, other questions may arise from the following fields:

• Contemporary Canadian literature: analysis of literary works that depict logging, mining, or oil extraction, and their social and environmental impacts; study of the imaginaries associated with alternative energy sources.

• Visual arts and the representation of extractive landscapes: study of artistic practices (photography, painting, installation) that make the transformations of territories visible.

• Ecocriticism: a critical approach of aesthetic forms used to represent ecological crises linked to the extractive economy.

• Indigenous arts and resistance to extraction: analysis of artistic productions by Indigenous peoples in response to extractive industries and their consequences.

• Material culture and the materiality of extraction: study of how art

and literature address the materiality of resources (minerals, wood, oil).

• Cultural geography and the distance between extraction and consumption: reflection on the separation between extraction sites and consumption sites in artistic representations. Reflections on remedial practices.

• Memory, archives, and the history of extractivism: analysis of historical narratives and artistic archives related to resource exploitation in Canada.

• Legal dimension: developments in the law governing the exploitation of natural resources in Canada (land rights, environmental law, Indigenous rights)

• “Artivism”: an examination of activist artistic practices that highlight the social, economic, and environmental impacts of extraction; role of the arts in civic mobilization and the demand for environmental justice.

• Economic history of Canada: the challenges of extractivism in national development; the staple theory today.

• Canadian policy and extractivism; provincial-federal issues; relations with First Nations; political party positions; electoral impact; relations with the United States; international relations and national security.

• Indigenous peoples and extractivism: balancing the defense of traditional territories with the promise of development.

Please submit your abstracts (maximum 300 words, accompanied by a brief biographical note) by email to Anne-Sophie Letessier (anne.sophie.letessier@univ-st-etienne.fr), Christine Lorre (christine.lorre@unicaen.fr), and Claire Omhovère (claire.omhovere@univ-montp3.fr) by September 1st 2026.

A selection of papers presented at the congress will be published in volume 103 (December 2027) of the journal Études canadiennes / Canadian Studies (https://journals.openedition.org/eccs/).